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DE LA CRISE DU LOGEMENT À LA KRISE DU LOGEMENT*

1. Mais quel est donc ce mal ?
Le problème de l’accès au logement en Belgique en général et plus particulièrement dans les grandes villes de notre pays est dû essentiellement à l’inadéquation entre le montant des loyers exigés et les revenus des gens.
En effet, le loyer moyen en Belgique est de 740 € par mois alors que le revenu moyen des belges est situé à 1.473 € par mois.
Il est donc évident qu’une grande partie de nos concitoyens consacrent, pour se loger, plus de 50% de leurs revenus !
Pourquoi les loyers sont-ils si disproportionnés par rapport aux revenus ?
 Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas, en Belgique, pénurie de logements, auquel cas on pourrait expliquer la cherté des loyers par « la loi de l’offre et de la demande »: les loyers sont élevés vu le manque de logements disponibles ; selon l’adage « tout ce qui est rare est cher », les logements sont rares , donc ils sont chers.
Le problème essentiel est qu’un grand nombre de logements ne sont pas mis volontairement en location, créant, de ce fait, une pénurie artificielle ayant pour conséquence une pression à la hausse sur les loyers. Le nombre de logements non occupés est un phénomène européen, on estime par exemple, qu’il y a plus de logements vides en Europe que de sans-abri !
À Bruxelles par exemple, sur les 20.000 logements vides, 5.000 au moins ne sont pas insalubres et pourraient du jour au lendemain être mis sur le marché locatif, sans parler des 1.500.000 m² de bureaux inoccupés que compte notre capitale.
C’est pour cela que nous préférons écrire « krise du logement » avec un k plutôt qu’avec un c.
En effet, quand on parle de crise du logement, on sous-entend qu’il y a une pénurie de logement donc il est normal que le logement soit cher puisqu’il est rare !
La Krise du logement signifie pour nous au contraire que, malgré l’inexistence de la pénurie, les petits et moyens revenus ont du mal à se loger parce que le montant des loyers est fixé par les bailleurs « librement » sans tenir compte ni de l’état des biens mis en location ni de la partie soustraite au marché.
Paradoxalement, cette liberté «contractuelle» fait que certains taudis sont loués (alors même qu’une telle location est totalement illicite) à des prix exorbitants.
L’absence actuelle de pénurie risque de changer si, dans les prochaines années (2020), il y a une augmentation démographique importante dans notre pays, mais nous n’en sommes pas encore là.

2. Quelles sont les solutions ?
La construction de logements demande un certain laps de temps, nous devons adapter les solutions préconisées à cette donnée temporelle de base.
Nous pensons donc que les solutions doivent se décliner à court et à long terme.

a) Mesures à court terme
Les mesures à court terme vont concerner essentiellement des modifications législatives pour faire baisser les loyers.
– Mise sur le marché locatif de tous les logements inoccupés depuis plus de 6 mois via notamment les règlementations déjà existantes (loi Onkelinx, Ordonnance sur la réquisition douce…).
– Blocage des loyers
– Fixation des loyers sur base de la qualité du logement (loyers objectifs)
– Pas d’augmentation des loyers en cas de changement de locataire sauf si travaux importants
– Mise en place d’une allocation loyer.

b) Mesures à long terme
Construction massive de logements publics et mise en place d’un système d’accès à la propriété coopérative.
Ce système devant permettre, aux personnes qui le souhaitent, d’accéder à la propriété en vue d’assurer, par ce biais, leur droit au logement.
Les pouvoirs publics (tant fédéraux que régionaux) mettraient en place, dans ce cadre, un système de remboursement de l’emprunt, hors système bancaire, adapté aux revenus afin de ne pas tomber dans le système américain des subprimes.

3. Pourquoi un tel système ne verra (probablement) jamais le jour ?
Parce que le petit monde des bailleurs ne va jamais accepter qu’on s’attaque à leur gagne-pain.
Parce que le poids idéologique de la propriété est tel dans notre pays que tout coup de canif, fut-il minime, au droit de propriété voit ipso facto une levée de bouclier des détenteurs de ce droit, parfois même y compris de ceux qui ne le possèdent pas encore…
Parce que dans notre pays les personnes habilitées à modifier les lois (nos chers parlementaires) font partie, dans leur grande majorité, de la race des bailleurs.
Pour rappel, historiquement en Belgique avant de passer du système de vote censitaire au système du suffrage universel, seuls les grands propriétaires avaient le droit de se présenter aux élections et donc d’être élus.
Ce fait historique explique, à mon humble avis, la liberté «contractuello-juridique» dont jouissent les bailleurs.

Mais…

José GARCIA

* CRISE DU LOGEMENT = la problématique du logement subie de plein fouet par les locataires est reconnue par TOUS (y compris par les bailleurs).
Hélas, les politiques en place n’ont qu’une très faible marge de manœuvre car cette crise est essentiellement due à une pénurie de logements.

KRISE DU LOGEMENT (c’est notre thèse) = même analyse que celle reprise ci-dessus hormis  l’absence de pénurie de logements.
Cette position met les politiques devant leurs responsabilités, à savoir :

soit réguler le marché existant,
soit le laisser se réguler lui-même !

Et comme tout le monde le sait, un marché non régulé n’a jamais résolu les problèmes qu’il engendre !
Si vous connaissez des exemples concrets inverses, n’hésitez pas à me les communiquer.

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LE PHARE N° 134

 

RADIO PANIK

SL DISCRIMINATIONS AU LOGEMENT 13H RTBF

 

ON DORT DANS LA RUE

ON DORT DANS LA RUE,A MOLENBEEK L’UTILITE PUBLIQUE EN QUESTION
BOURTON,WILLIAM
Page 19
Vendredi 12 avril 1991
On dort dans la rue, à Molenbeek
L’utilité publique en question
Comme dans les Marolles, on va dormir dans la rue, à Molenbeek. A la rue Delaunoy: pour protester contre une série d’expropriations jugées «abusives»…
Tout a commencé en 1987, quand la SA immobilière «Belle Vue» prit contact avec quatre propriétaires, voisins du dépôt brassicole, pour acheter leurs maisons. Les habitants – des personnes âgées, qui habitent là depuis des dizaines d’années – refusèrent de quitter leurs logis. D’autant que les sommes proposées étaient jugées dérisoires.
En mars 1989, la Société de développement régional bruxellois (SDRB) entra en scène et proposa aux habitants de racheter leurs biens, ou de les échanger dans d’autres immeubles. Nouveau refus des habitants.
– Il ne s’agissait que de la valeur «vénale» des bâtisses, explique José Garcia, du syndicat des locataires. Or, tout le monde sait qu’au moment de se reloger, il faut multiplier ces sommes par deux ou trois. Quant aux logements proposés, il étaient totalement délabrés!
Le 28 janvier, la justice de paix de Molenbeek-Saint-Jean accorda une mesure d’expulsion, arguant de «l’utilité publique»…
– Nous ne savons même pas ce que «Belle Vue» veut faire sur ces terrains, grogne José Garcia. Evoquons plutôt «l’utilité économique»!
Jean-Louis Stalport, chef de cabinet de Philippe Moureaux – alors ministre des Affaires bruxelloises – a suivi le dossier. Il réagit.
– Il y a trois ans, j’ai été contacté par les habitants de la rue Delaunoy. Je leur ai promis de leur trouver un autre logement dans le quartier. Pour ce faire, j’ai appelé la SDRB, qui a vraiment fait l’impossible pour les reloger. Dans des logis que nous aurions rénovés à nos frais. Ils n’en ont pas voulu, pas plus que du chèque revu à la hausse. Sans notre intervention, les expulsions auraient déjà eu lieu il y a trois ans!
WILLIAM BOURTON

CNL LILLE 13/10/2017 Journée des Droits des Habitants

 

cnl lille 13102017,syndicat des locataires,huurdersbond,journée des droits des habitants

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